Après de longues études où l'on se pense égal à égal avec les hommes, le monde du travail, la vie de couple et l'expérience de la maternité nous ramènent à la nuit des temps. Car il s'agit d'une véritable bataille que d'exister en tant que femme.
Diplômée, voire surdiplômée, avec un, deux, ou quatre enfants, la gestion du quotidien peut vite prendre le dessus et nous nous retrouvons mère et maîtresse de maison avant tout. Pourtant nous ne sommes pas dotées d'un troisième bras, nous n'avons pas plus de force physique, et nous n'avons pas suivi de cursus spécifique au maniement d'un lave-linge... Alors quid de nos ambitions et réussites ?
Lorsque nous travaillons au sein d'une entreprise, nous pouvons avoir la légitimité d'être fatiguée, de travailler tard ou d'oublier de payer une facture. L'entreprise nous fournit notre emploi du temps contre rémunération, et moult réunions peu productives mais qui nous donnent de l'importance... "ha non chéri ce soir je ne peux pas chercher les enfants/faire les courses/voir tes parents, j'ai une réunion..."
Il suffit juste de changer la localisation de notre travail pour que toute l'organisation s'écroule et notre statut social avec. Domicile et travail deviennent soudain deux entités absolument antagonistes. Et une seule prime dans l'oreille de nos interlocuteurs : domicile, qui se transforme en femme au foyer, qui se transforme en "femme à tout faire mais qui se la coule douce aux frais du lourd labeur marital". Beau paradoxe :-)
Or faire ce choix délibéré et un peu fou de sortir du schéma classique où rappelons le :
- nous travaillons pour remplir les poches d'actionnaires peu scrupuleux
- selon des objectifs imposés (et parfois peu déontologiques)
- selon des plages horaires de plus en plus étendues et de moins en moins compatibles avec une vie de famille,
- et avec pour toute reconnaissance des réductions sur les places de cinéma
Cela demande un courage, une détermination et une énergie au quotidien bien plus importants que d'obéir simplement à des demandes du "big chef".
Et il est parfois regrettable que l'entourage ne comprenne pas cela.
Non, ils voient plutôt une disponibilité immédiate pour venir les chercher à n'importe quelle heure à la sortie de l'école, l'occasion de retrouver la maison bien rangée et accueillante tous les soirs, le frigo rempli, le linge repassé, et des petits plats mitonnés maison.
Ne vous méprenez pas, j'aime ma famille et je serai là pour eux. Tant que cela reste compatible avec mes propres ambitions. Car il est important aussi de ne pas s'oublier. Et nous, les femmes, nous avons tendance à donner beaucoup, sans attendre de retour, et à faire passer en priorité nos proches et leurs besoins.
J'ai un vrai travail et sa valeur est indépendante de ma rémunération mensuelle. J'aime ce travail, il me passionne, et j'ai de la chance, c'est vrai. Mais il me demande beaucoup de temps et de pratique. Je ne bricole pas, je construis jour après jour son devenir. Je me forme, je m'informe, j'avance souvent seule. Et je vais y arriver. Et si la famille suit, c'est peut-être ce qui peut m'aider le plus.